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Sud Drôme

Sud Drôme

Un petit tour chez moi, le sud de la Drôme et de l'Ardèche ainsi que le Nord du Vaucluse et du Gard. Pas de grands voyages à grand frais pour découvrir là ou je vis, j'aime ma région et vous la partage.


La Tour à Bossage de Clansayes (26 Drôme)

Publié par Jipai sur 5 Septembre 2016, 18:16pm

Catégories : #Tour, #Patrimoine, #Clansayes, #Ruine

Petit coup d’œil rapide sur la commune de Clansayes à 8 minutes de chez moi d'après Google Maps, et en particulier sur cette tour dite "Tour à Bossage".

Pour ceux qui comme moi ne sont pas censés tout connaître dans le secteur du bâtiment, voilà une question à laquelle je vais répondre, tout d'abord, la question : - Mais qu'est ce que ce "Bossage" ?  C'est le nom que l'on donne au parement saillant brut d'une pierre, dont les arêtes seulement sont relevées par une ciselure. Dans des constructions de pierre de taille que l'on veut élever rapidement, en n'employant que la main-d'oeuvre rigoureusement nécessaire pour permettre de poser les assises sans perte de temps, on s'est quelquefois contenté de tailler les lits, joints et les arêtes des pierres, sans se préoccuper de parementer les surfaces comprises entre ces arêtes. (Bien visible sur cette photo, les pierres dans l'angle du mur)

Pour ceux qui comme moi ne sont pas censés tout connaître dans le secteur du bâtiment, voilà une question à laquelle je vais répondre, tout d'abord, la question : - Mais qu'est ce que ce "Bossage" ? C'est le nom que l'on donne au parement saillant brut d'une pierre, dont les arêtes seulement sont relevées par une ciselure. Dans des constructions de pierre de taille que l'on veut élever rapidement, en n'employant que la main-d'oeuvre rigoureusement nécessaire pour permettre de poser les assises sans perte de temps, on s'est quelquefois contenté de tailler les lits, joints et les arêtes des pierres, sans se préoccuper de parementer les surfaces comprises entre ces arêtes. (Bien visible sur cette photo, les pierres dans l'angle du mur)

 Les Romains ont fait usage de ce mode rapide de construire, et, pendant le moyen âge, nous voyons certaines bâtisses dans lesquelles on a laissé des bossages bruts sur la face vue de chaque pierre.

Les Romains ont fait usage de ce mode rapide de construire, et, pendant le moyen âge, nous voyons certaines bâtisses dans lesquelles on a laissé des bossages bruts sur la face vue de chaque pierre.

C'est particulièrement dans les ouvrages de fortification de la fin du XIIIe siècle que ce genre de construction apparaît, surtout dans les contrées où la qualité très dure de la pierre ne se prête pas à la taille. Les bossages disparaissent des parements de pierre pendant les XIVe et XVe siècles, pour reparaître au XVIe, avec l'imitation de l'architecture italienne. Ils deviennent même alors un motif de décoration dans l'architecture civile et militaire; ils sont ou bruts, ou taillés en tables, en pointes de diamant, en demi-sphères, comme on peut le voir dans quelques tours fortifiées de la fin du XVe siècle ou du commencement du XVIe. Pendant le développement de l'architecture de la renaissance, on voit les bossages se couvrir de divers ornements, tels que vermiculures, emblèmes, chiffres, réseaux, etc.C'est particulièrement dans les ouvrages de fortification de la fin du XIIIe siècle que ce genre de construction apparaît, surtout dans les contrées où la qualité très dure de la pierre ne se prête pas à la taille. Les bossages disparaissent des parements de pierre pendant les XIVe et XVe siècles, pour reparaître au XVIe, avec l'imitation de l'architecture italienne. Ils deviennent même alors un motif de décoration dans l'architecture civile et militaire; ils sont ou bruts, ou taillés en tables, en pointes de diamant, en demi-sphères, comme on peut le voir dans quelques tours fortifiées de la fin du XVe siècle ou du commencement du XVIe. Pendant le développement de l'architecture de la renaissance, on voit les bossages se couvrir de divers ornements, tels que vermiculures, emblèmes, chiffres, réseaux, etc.

C'est particulièrement dans les ouvrages de fortification de la fin du XIIIe siècle que ce genre de construction apparaît, surtout dans les contrées où la qualité très dure de la pierre ne se prête pas à la taille. Les bossages disparaissent des parements de pierre pendant les XIVe et XVe siècles, pour reparaître au XVIe, avec l'imitation de l'architecture italienne. Ils deviennent même alors un motif de décoration dans l'architecture civile et militaire; ils sont ou bruts, ou taillés en tables, en pointes de diamant, en demi-sphères, comme on peut le voir dans quelques tours fortifiées de la fin du XVe siècle ou du commencement du XVIe. Pendant le développement de l'architecture de la renaissance, on voit les bossages se couvrir de divers ornements, tels que vermiculures, emblèmes, chiffres, réseaux, etc.

L'intérieur de la tour avec les soldats fait de contreplaqué.L'intérieur de la tour avec les soldats fait de contreplaqué.

L'intérieur de la tour avec les soldats fait de contreplaqué.

Le bossage, largement répandu dans l’Antiquité mais quelque peu occulté durant plusieurs siècles, se répand dans l’architecture militaire royale française vers la fin du XIIIe siècle. Les différences relevées dépendent notamment de l’époque, des commanditaires et de la zone géographique. Les musulmans et les Francs de Terre sainte l’utilisent couramment pour leurs remparts, de même que les potentats de l’Empire germanique. A compter du milieu du XIIe siècle, l’Alsace se couvre ainsi de pierres à bosses taillées dans l’élégant grès rose des Vosges.  Il est parfois avancé que le bossage renforce la cohérence des murailles contre l’impact des projectiles. Cette hypothèse n’a à ce jour jamais été prouvée. On peut en revanche y déceler une certaine recherche esthétique, plus souvent présente qu’on ne le pense dans l’architecture castrale. Mais c’est sans doute du côté de la symbolique de l’autorité, de la représentation du pouvoir, qu’il nous faut en rechercher sa cause profonde. Le bossage rompt la platitude des parements et confère aux édifices qui en sont pourvus une véritable impression de puissance. Le soleil y crée un jeu d’ombres et de lumières saisissant.Le bossage, largement répandu dans l’Antiquité mais quelque peu occulté durant plusieurs siècles, se répand dans l’architecture militaire royale française vers la fin du XIIIe siècle. Les différences relevées dépendent notamment de l’époque, des commanditaires et de la zone géographique. Les musulmans et les Francs de Terre sainte l’utilisent couramment pour leurs remparts, de même que les potentats de l’Empire germanique. A compter du milieu du XIIe siècle, l’Alsace se couvre ainsi de pierres à bosses taillées dans l’élégant grès rose des Vosges.  Il est parfois avancé que le bossage renforce la cohérence des murailles contre l’impact des projectiles. Cette hypothèse n’a à ce jour jamais été prouvée. On peut en revanche y déceler une certaine recherche esthétique, plus souvent présente qu’on ne le pense dans l’architecture castrale. Mais c’est sans doute du côté de la symbolique de l’autorité, de la représentation du pouvoir, qu’il nous faut en rechercher sa cause profonde. Le bossage rompt la platitude des parements et confère aux édifices qui en sont pourvus une véritable impression de puissance. Le soleil y crée un jeu d’ombres et de lumières saisissant.

Le bossage, largement répandu dans l’Antiquité mais quelque peu occulté durant plusieurs siècles, se répand dans l’architecture militaire royale française vers la fin du XIIIe siècle. Les différences relevées dépendent notamment de l’époque, des commanditaires et de la zone géographique. Les musulmans et les Francs de Terre sainte l’utilisent couramment pour leurs remparts, de même que les potentats de l’Empire germanique. A compter du milieu du XIIe siècle, l’Alsace se couvre ainsi de pierres à bosses taillées dans l’élégant grès rose des Vosges. Il est parfois avancé que le bossage renforce la cohérence des murailles contre l’impact des projectiles. Cette hypothèse n’a à ce jour jamais été prouvée. On peut en revanche y déceler une certaine recherche esthétique, plus souvent présente qu’on ne le pense dans l’architecture castrale. Mais c’est sans doute du côté de la symbolique de l’autorité, de la représentation du pouvoir, qu’il nous faut en rechercher sa cause profonde. Le bossage rompt la platitude des parements et confère aux édifices qui en sont pourvus une véritable impression de puissance. Le soleil y crée un jeu d’ombres et de lumières saisissant.

Bon et bien voilà, ce soir je vais me coucher moins...voir plus..., comme quelqu'un qui en sait plus sur le bossage !

Bon et bien voilà, ce soir je vais me coucher moins...voir plus..., comme quelqu'un qui en sait plus sur le bossage !

Commenter cet article

Ophelie 05/09/2016 21:13

Ah ben nous voilà un peu plus savant.....lol
Bisous
Bonne nuit....

jipai 06/09/2016 07:04

...et en plus j'ai bien dormi en étant un peu plus intelligent, bravo le bossage!

papyserge.y 05/09/2016 20:33

instructif , j'ai appris quelque chose :)

papyserge.y 06/09/2016 11:08

On commence à vieillir quand on finit d'apprendre. :)
bonne journée

jipai 06/09/2016 07:05

Comme quoi, je suis content de t'en apprends "vieux puits de science" que tu es!

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